Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 09:56

IRL

    Vous n'allez pas me croire, car vous êtes tous une bande d'agnostiques incrédules, mais, pour le Réveillon de Noël, je suis allée passer deux jours en Alsace, gentiment invitée par d'authentiques amis latino-americano-alsaciens, et mieux, j'en suis revenue.
   Là-bas j'ai pu constater qu'hormis la différence de température (10° de moins), et de hauteur du sapin de Noël de la ville (150m de plus), rien ne changeait vraiment d'ici. C'est sûrement que je ne suis pas restée assez longtemps.
   Les boutiques sont les mêmes, il y a un marché de Noël comme à Montpellier, où des automates en forme de Père-Noël dansent le rock pour inciter les passants à boire du vin chaud à 2 euros le verre pour se consoler de cette vision iconoclaste.
   Les latino-américo-alsaciens eux boivent une boisson traditionnelle de Noël qui ressemble à du lait mais alcoolisée, et du vin du Chili, mais très bon..Et ils sourient tout le temps.
  
   Voilà pour Noël.

    Et maintenant je vais vous faire part d'une aventure extraordinaire de plus : j'ai assisté à une rencontre IRL. Que les plus de 40 ans qui me lisent cessent de me prendre pour une illuminée malgré la crise actuelle d'illuminations. Une IRL est une rencontre "In Real Life", en anglais dans le texte, entre deux ou plusieurs personnes qui ne se connaissent que par écrans interposés.
   Donc, dès le lendemain de mon retour d'Alsace, me revoilà à la gare, accompagnée de mon Adorebelle qui dissimule dans son sac japonais un bonnet de Père-Noël (on peut pas y échapper, ne cherchez pas, c'est impossible). Nous attendons une autre adorebelle qui porte le même prénom mais elle des oreilles de chat (de Noël). Et moi j'attends de voir laquelle va se dégonfler question déguisement de reconnaissance.
   Mauvais esprit je le maintiens, voilà que surgit de l'escalator une merveilleuse adorebelle féline, qui se jette dans les bras de mon Père-Noël à moi, et je dissimule aussitôt ma larmette d'attendrissement derrière l'appareil-photo de mon téléphone, pour envoyer un souvenir inoubliable à l'autre maman virtuelle sous forme de MMS.
   C'est donc une expérience que je vous recommande chaudement. Car malgré les rumeurs persistantes véhiculées pour décourager les enfants et inquiéter les parents et provoquer des ambiances insoutenables dans les familles, les amitiés dites "virtuelles" avec moue dubitatrice sont tout aussi chaleureuses et crédibles qu'IRL.
   Leur disqualification systématique est certainement un coup de la SNCF pour désengorger les halls de gare d'individus déguisés, ça fait pas propre, et éviter d'investir dans des services publics adaptés mais coûteux. Vous verrez qu'ils finiront par instaurer une IRL-taxe sur les sandwichs à 10euros des TGV.

   Comme tous les gens que je rencontre, moi y compris, disent détester "les Fêtes", je ne vous souhaite rien, mais le coeur y est.
Par marianosaure
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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 18:46
    Dans un film dont je me rappelle plus du titre, il y a une très belle scène où le héros, qui a toute une histoire de vie derrière lui et a rompu avec par un enchaînement de circonstances, se retrouve tout seul à un carrefour style américain en rase campagne, alors il hésite. Il n'a plus d'autres attaches que sa voiture et lui.Il choisit au hasard. la suite je m'en souviens pas.Je crois que le hasard fait bien les choses puisque je ne regarde jamais de films d'horreur.
   Moment suspendu d'hésitation solitaire. Solitude fondamentale, la plus honnête. La liberté est difficile à vivre, je comprends qu'on y renonce, totalement ou partiellement, qu'on délègue à d'autres. Je l'ai fait aussi.
   Une fois j'ai ressenti avec acuité ma propre liberté, c'est un souvenir très fort, dans ma voiture, quelques secondes et ça s'est évanoui. Mais ça crée un précédent.
   Quand on a été élevé avec trop de règles, qu'on a cru que la nourriture affective dépendait de l'obéissance, et même pas à coup sûr, on a beaucoup de mal à se défaire de l'idée qu'il faut mériter l'amour par la soumission et les exploits sur soi-même, à la base l'amour de soi
   Lorsque les décideurs ne sont plus les parents, c'est la pression sociale, et surtout la pression intérieure, faite de bric et de broc, immature, tellement enfouie qu'elle est difficile à remettre dans la réalité présente, à détecter et à déconnecter.
   Alors on a peur
Par marianosaure
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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 17:52


Par marianosaure
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Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /Déc /2008 12:11
   Hier je me rendis sans sommations à la pharmacie chercher mes anti-dépresseurs, où, sans doute émue par mon air hagard, la dame m'offrit une boîte rouge et dorée de fêtes (car c'est bientôt "les fêtes"), contenant un calendrier 2009, pour me remonter le moral.
   J'attendis d'être remontée dans ma voiture afin d'ouvrir avidement la boîte (du calendrier, pas des anti-dépresseurs) à l'abri du regard des passants pour éviter d'avoir la honte, car je suis atteinte de phobie sociale.
   Oh que vis-je ! Le joli dessin du calendrier représentait une cabane en bois bleu avec pergola entourée d'une luxuriante végétation, mon rêve quoi ! "C'est un signe", me réjouis-je aussitôt, car je suis atteinte de schizoïdie.
   Bien entendu je remis l'accrochage du calendrier au lendemain, car je suis aussi atteinte de procrastination.
   Tout à l'heure, après moults auto-encouragements à voix haute (ça marche mieux croyez-moi), je me mis à faire la vaisselle, et même à la réussir, sauf pour une casserole dont je jugeais qu'elle se sentirait mieux à tremper une petite semaine.
  Boostée par ce sursaut d'énergie inespéré, sur la lancée je décidai d'accrocher le susdit calendrier au mur de la cuisine, un peu trop près d'un poster qu'il eut mieux valu déplacer mais trop fatigant.
   Je me mis donc en quête de la pâte magique, celle qui colle tout sans faire de trous en moins d'une seconde.
   Première fouille de tiroirs, rien. L'étagère d'Adorebelle, rien non plus, deuxième fouille de tiroirs, toujours en vain. Il y a bien l'énorme tas de papiers à trier du salon mais je suis consciente de mes limites, ce serait un coup à me recoucher jusqu'au lendemain.
   Tant pis, je saisis l'agrapheuse murale, paf elle est vide. Heureusement j'en ai deux, avec la deuxième je réussis à planter deux agraphes à la fois juste à côté du fil d'accroche du calendrier. Je réitère, pareil.
   J'enroulai donc le calendrier et le remis dans sa jolie boîte, car maintenant qu'il y a quatre trous inutiles dans le mur je renonçai à tenter un cinquième avec un clou, trop risqué.
  Et je retournai au free-cell que je n'aurais jamais dû quitter et que je réussis à la troisième tentative sans aucun dégât matériel.
  Au niveau moral, c'est autre chose. J'espère que ce n'est pas un signe.
   Si je vous agace ne me le dites pas.
Par marianosaure
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 18:57

"- Alors, ton blog ?

  -Bof, j'ai un peu laissé tomber, pas la tête à ça..

  -Mais il faut pas ! Il faut aller JUSQU'AU BOUT DES CHOSES !"

 

   Moi non, je ne vais jamais jusqu'au bout des choses. Je commence, je m'enthousiasme, et au bout d'un moment, j'arrête. J'ai appris la guitare, le piano, la plongée sous-marine, l'Arabe dialectal marocain, la psycho, le simulateur de vol, la course à pied, je ne suis pas foutue de finir un seul morceau.

   La question qui se pose c'est: " ET ALORS ?". La Terre s'est-elle arrêtée de tourner ? On le saurait. Pourquoi faut-il "aller jusqu'au bout", et quel bout d'abord, et y en a-t-il un ? Qui a décrété qu'il est obligatoire d'aller jusqu'au fond du maximum de ses possibilités quand on fait quelque chose ? Ne pas avoir d'ambition est-ce une faute grave ? Un péché mortel, une méprisable médiocrité ?

   Non pas que je critique ceux qui ont le désir et l'énergie "d'aller jusqu'au bout", bien au contraire, je les jalouse, je les envie, je les admire, et surtout je les remercie car si tout le monde était comme moi...

   Touche-à-tout, velléitaire, ai-je déjà promis à quelqu'un de devenir un auteur célèbre, une musicienne accomplie, et même une mère parfaite, une fille et soeur dévouée, une épouse constante? Non, à personne, à part à moi même dans les moments de grand rêve, on ne peut pas m'accuser de parjure.

   En fait, ça ressemble à une évidence morale, comme s'il y avait une différence entre "j'ai fait du mieux que j'ai pu", et "j'ai fait du mieux que j'ai voulu". Ben moi je la trouve hypocrite cette différence, dans des tas de domaines, et même dangereuse, car elle induit la mauvaise conscience perpétuelle. Et qui dit mauvaise conscience dit mauvaise humeur, insatisfaction, frustration, agressivité, on se met à faire peur aux enfants, on joue au jeu du "sans toi tout ce que j'aurais fait", du "sans eux etc...", on déteste et méprise le monde entier comme soi-même.

   Un jour, un ami m'a raconté avoir dit à sa femme "tu ne réussiras jamais à me faire faire quelque chose que je n'ai pas envie de faire, alors la seule solution est de travailler sur ma motivation". Magnifique.

   "Aller jusqu'au bout", c'est ni bien ni mal, ça n'a pas de sens.

   Mais si vous avez d'autres arguments, c'est avec plaisir que je les accueillerai et les traiterai avec respect.

  

Par marianosaure
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